Nous publions dans cette rubrique différents articles qui reflètent les priorités de Mieux Vivre à Waterloo (MVW) - CDH dans toute matière qui relève de l'action sociale et de la santé.

 

 

                                                               Vue du CPAS de Waterloo        

 

 

 

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A la suite de Geneviève Ryckmans…  15

 

J’ai souhaité, en tant que conseillère CPAS, continuer son travail, dans la mesure de mes moyens et sans prétention de ma part.

Je n’ai pas beaucoup de critiques à adresser à la gestion du CPAS de Waterloo mais il existe néanmoins un gros problème : le logement des personnes âgées à Waterloo. Comment leur assurer de pouvoir continuer à y vivre, tenant compte de revenus souvent plus limités et d’une santé plus précaire ?

 

Vivre en Maison de repos, quel que soit le type

En 2015, j’ai écrit sur ce site trois articles (logements seniors 1,2,3)  qui dressait un état des lieux des maisons de repos et de soins à Waterloo et dans les communes avoisinantes. La situation n’a guère évolué : il n’y a pas assez de places disponibles quel que soit le type de Maison de repos à Waterloo ou ailleurs dans le Brabant wallon. Les listes d’attente sont, au minimum, d’un an.

Déjà, dans ces articles, j’avais suggéré des solutions alternatives :

- l’agrandissement du Gibloux, il va être réalisé dans les toutes prochaines années, suite à
  l’achat d’une maison sur un terrain jouxtant la Maison de repos ;

- la création d’un centre de jour pour personnes âgées. Il pourrait être complémentaire à l’agrandissement du Gibloux, mais la majorité n’en fait pas un projet prioritaire !

 Autres solutions

Je voudrai suggérer deux propositions qui s’adressent, mais pas exclusivement, aux personnes âgées :

-  autoriser les propriétaires à scinder leur logement devenu trop grand suite au départ des enfants… Ici rien ne bouge, le service d’urbanisme de Waterloo est obstinément rétif à cette solution. C’est aberrant, alors que cela permettrait aux seniors de rester dans leur habitation et accueillir des jeunes ménages qui pourraient se loger à moindre frais ! Cela préserverait également un habitat aéré au lieu de laisser les entreprises immobilières se lancer dans des constructions anarchiques d’immeubles à appartements !

- prévoir une aide à l’adaptation du logement. Certaines aides sont déjà prévues par les mutuelles, mais la part à charge du bénéficiaire peut représenter une charge financière assez lourdes.
En 2016, le ministre Maxime Prévot (CDH) prévoyait une assurance autonomie obligatoire, solidaire et ouverte à toute la population. Cette loi permet à toute personne confrontée à une perte d’autonomie de bénéficier de services et de soins à domicile. Pour des raisons assez nébuleuses, le parti socialiste s’était opposé au projet tel qu’il avait été conçu…
L’actuelle majorité en Région wallonne (MR/CDH), sous l'impulsion d'Aldea Gréoli (CDH)  qui a remplacé Maxime Prévot, est en train de finaliser ce projet qui entrerait en vigueur le 1er janvier 2020.

 

En conclusion, il ne faut pas perdre espoir, à force de taper sur un clou il finit par s’enfoncer !

 

 Beatrix Marchand-Alaerts,

Conseillère CPAS                                                                                              12.06.18       

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Petite histoire du CPAS de Waterloo,du Gibloux et de sa principale initiatrice ! 14

A l’entrée du CPAS de Waterloo, vous ne pouvez manquer la plaque commémorative de l’inauguration de la maison de repos (appelé centre du troisième âge…), le 17 septembre 1988, suit une liste de noms : ministre, bourgmestre, secrétaire, conseillers… Ce qui ne manque pas de piquant, c’est que les personnes figurant sur cette liste, Bourgmestre compris, étaient précisément celles qui s’étaient, à l’époque, le plus violemment opposés à l’érection de cet édifice, sous le prétexte que cela représenterait un gouffre financier pour la commune…

                                       

Entrée du Gibloux

Si " Le Gibloux ", comme nous l’appelons aujourd’hui, a vu le jour, c’est grâce à la compétence, la détermination, voire l’obstination d’une personne essentielle : Geneviève Ryckmans. Voici son histoire :

 

En 1976, une nouvelle législation vient d’être votée, elle remplaça la Commission d’Assistance Publique (CAS) par le Centre Public d’Aide Sociale (CPAS). Sous cette nouvelle dénomination, le législateur crée un service qui va s’adresser à toute la population de la commune au lieu de se cantonner essentiellement aux indigents comme c’était le cas sous l’ancienne loi.

 

La même année, ont lieu les élections communales. A Waterloo, une nouvelle majorité accède au pouvoir : une coalition Intérêts Communaux (groupant PSC, indépendants et libéraux). Le Bourgmestre est un libéral, Michel Clément. Geneviève Ryckmans (PSC) choisi la présidence du CPAS qui correspond bien à sa formation et à sa connaissance approfondie du droit social et en particulier de la nouvelle loi relative au CPAS.

 

Elle est élue et entre en fonction le 1er avril 1977. A Waterloo, tout le " social " est à réorganiser. Tout est à faire pour aboutir un véritable centre d’aide sociale pour tous, comme prévu par le législateur : il faut créer de nouvelles structures et trouver un bâtiment adapté à celles-ci. La bataille politique est rude, les budgets sont contestés, y compris par la majorité… Heureusement, Geneviève est efficacement aidée par un bon secrétaire, Jacques Hanchard, et un bureau intelligent (Monsieur Paul Dupont et Madame Thomas Dewaele).

 

Le premier coup de pouce pour ce grand projet, vient d’un legs : un terrain, destiné à la création d’une maison de repos. Il est situé au Fond Vandenbosch, mais il est trop petit pour réaliser un projet d’envergure.

Par ailleurs, Geneviève avait fait une étude sur les maisons de retraite et visité les homes de Bruxelles : ils avaient tous été conçus comme de grands parallélépipèdes, avec une série de chambres placées de part et d’autre d’un long couloir… offrant ainsi un espace sinistre et sans âme.
Il fallait créer quelque chose de plus moderne qui comprenait à la fois la maison de repos et la maison de repos et de soins. Elle fait donc appel à un bureau d’étude qui va concevoir le projet tel qu’il est devenu : deux ailes, A et B, avec des chambres d’un seul côté, et un étage.

 

Il restait à trouver le financement pour pouvoir agrandir le terrain et entamer la construction du bâtiment ; elle va à la pêche de subsides.  Les maisons de repos dépendaient du Ministère de la Santé Publique. C’est grâce au soutien inconditionnel des membres de son bureau et du député permanent du Brabant (PSC), qu’elle a pu avancer efficacement dans son projet. Un premier subside de 100 millions de FB (2.500.000 EUR) est octroyé par la Province de Brabant. Le Ministère de la Santé Publique, à son tour, octroie un subside conséquent.

Ces apports financiers permirent l’achat d’un plus grand terrain, jouxtant le premier au Fond Vandenbosch et mettre en œuvre le projet : appel d’offre, établissement d’un cahier des charges, désignation d’un architecte. La première pierre fut posée en 1978, les travaux furent conduits par l’entreprise Jacques Delens.

 

A l’issue de son mandat de 6 ans au cours duquel elle put mettre en œuvre une vraie politique sociale, Geneviève Ryckmans va subir une attaque en règle de la part de Serge Kubla dont la campagne va être basée essentiellement sur le coût exorbitant du bâtiment du CPAS et de la maison de repos… et les électeurs l’ont suivi…

 

Heureusement, lorsqu’elle quitte sa fonction de présidente du CPAS, le "Gibloux " est sous toit. Personne ne peut plus rien y changer, sauf achever le travail. Les services administratifs du CPAS vont y être intégrés. La crèche communale, sise en face de la Maison de Repos, également conçue par Geneviève Ryckmans, va être construite peu de temps plus tard.

                                  

                  Le bâtiment blanc : ancienne crèche communale créée par Geneviève

Durant toute la durée de son mandat, les bureaux du CPAS se situaient au 436 chaussée de Bruxelles où la présidente n’avait pas de bureau personnel… C’est dans ce bâtiment que vont être créés tous les services actuellement existants : aide sociale, aide aux familles, repas sur roues etc… Geneviève concevait ces services comme un ensemble destiné à venir en aide à toute personne, habitant la commune et qui en avait besoin. Cette politique avait notamment pour but de permettre, dans la mesure du possible, aux personnes âgées de rester à leur domicile…

A la tête de ces différents services, vont être nommées des personnes compétentes, qui prendront leur charge à cœur. Parmi ces chefs de services, certain(e)s ont déjà pris leur retraite, mais l’esprit qui a animé cette première équipe est resté chez ceux et celles qui ont pris la relève.

Si le CPAS de Waterloo a gardé sa réputation et sa compétence, croyez-moi, c’est grâce à cette première impulsion.

 

Merci Geneviève Ryckmans !

 

Beatrix Marchand-Alaerts,

Conseillère CPAS                                                                                                
                                                                                                 13.05.18

 

Prochain article : Qu’envisager pour poursuivre l’œuvre de cette pionnière ?

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Rôle du CPAS pour les sans domicile fixe(SDF) et les sans-abris de Waterloo 13                                                                    

 Il est curieux de constater que les médias ne s’inquiètent des sans-abris que durant la période hivernale… alors que ces personnes le sont également durant la bonne saison...Ne les confondons pas avec les sans domicile fixe !

Ces derniers sont des personnes qui pour l’une ou l’autre raison n’ont plus de logement où ils peuvent se domicilier. Elles trouvent refuge chez des amis ou des proches, lesquels les dépannent à titre provisoire mais ne souhaitent en aucun cas qu’elles se domicilient chez eux.
Elles reçoivent dès lors une adresse de référence au CPAS, afin de ne pas perdre leurs droits et leur inscription dans une commune, ce qui est tout à fait indispensable en Belgique.
Elles sont suivies par une assistante sociale qui les aide à retrouver domicile et dignité. Cette situation peut se résoudre assez rapidement, voire au bout de quelques mois, mais il y a parfois des cas plus complexes, notamment, de jeunes adultes, sans qualification et en situation conflictuelle avec leur famille.

Les sans-abris n’ont pas de domicile fixe, ni accès à un logement décent. Si cette catégorie de personnes concerne surtout les grandes villes, il en existe à Waterloo mais dans des proportions nettement moins importantes.

Il s’agit ici de personnes qui sont en rupture de ban avec la société et souvent victimes d’addictions diverses.
Assez paradoxalement, à Waterloo il y a plus de sans-abris en été, saison durant laquelle ils squattent des lieux publics ou privés : gares, parcs, entrées d’immeubles… En revanche, en hiver la plupart se débrouillent pour trouver un abri plus sûr. Pour les assistantes sociales, la priorité est de leur octroyer une adresse de référence et l’accès aux frais médicaux et pharmaceutiques. Ces personnes sont majoritairement de nationalité belge ou issus des pays limitrophes, il ne s’agit donc pas de sans-papiers, même, si, suite à  leur vie aventureuse, ils ont été momentanément rayés du Registre national.
Dans l’ensemble, leur gestion est nettement plus difficile. On peut placer quelqu’un dans un centre de désintoxication, mais sans une volonté réelle de la part du principal intéressé, c’est assez aléatoire…  De même, on ne peut les forcer à intégrer un abri, quand certains préfèrent garder leur indépendance…

 

Beatrix Marchand-Alaerts, 

Conseillère CPAS                                                                                           07.02.18

 

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Assurer l’opposition au CPAS           12

Être Conseillère de l’opposition au CPAS exige une approche autre qu’au Conseil communal. L’aspect politique n’intervient quasiment pas. En effet, au CPAS, je suis confrontée à des aspects fondamentalement humains.

Quel est alors mon rôle dans cette institution ?

Je siège au Conseil d’Administration qui se réunit chaque mois. J’y mène un travail de vigilance essentiellement sur le plan financier (budgets et comptes).

Mais le plus important est ma participation au Comité Spécial du Service Social (CSSS) qui se réunit deux fois par mois. Elle m’a permis, en début de mandat, de connaître tous les rouages de cette institution ainsi que les divers aspects des aides apportées aux personnes. J’y ai également découvert la compétence du personnel du service social : responsables des différents services, assistant(e)s sociales(aux), aides ménagères, membres des services de nursing et des repas à domicile… j’en passe, ma liste n’est pas du tout exhaustive !

J’ai mis aussi un point d’honneur à consacrer le temps nécessaire à une analyse minutieuse des dossiers qui rythment les séances de ce Comité. Si, heureusement, beaucoup de ceux-ci peuvent trouver une solution aisée, certains exigent des discussions approfondies, avec l’aide remarquable des assistants sociaux, car leur solution est loin d’être évidente.
Expérience acquise au fil des années et connaissance des dossiers me permettent alors d’intervenir de façon efficace et objective.

Je pense ainsi que cette méthode de travail qui mêle vigilance, efficacité et humanité est bien celle qui, au CPAS, traduit le mieux l’objectif d’opposition constructive poursuivi par MVW-CDH dans toutes les instances communales.

Beatrix Marchand-Alaerts, 

Conseillère CPAS

 

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SDF : le CPAS,une bouée de sauvetage  11   

Nous avons connu un mois de janvier assez frisquet, plusieurs personnes se sont inquiétées auprès de moi au sujet d’éventuels sans abris sur le territoire de Waterloo. Je peux les rassurer tout de suite : cet hiver, personne ne loge dans la rue. Les cas rencontrés l’année dernière ont tous trouvé une solution : logement, hospitalisation et… malheureusement un décès.

SDF (Sans Domicile Fixe) est un terme légal. Il désigne toute personne qui n’a pas (ou n’a plus) de résidence dans la commune ; elle n’est donc plus inscrite au registre de la population, il y a eu radiation d’office.
La loi du 24 janvier 1997 a introduit la possibilité pour les personnes sans abri de prendre une adresse de référence au CPAS, elles peuvent ainsi conserver leurs droits aux prestations sociales ou les faire valoir, notamment en matière de chômage.

L’adresse de référence concerne un large public : des personnes sans travail, déstabilisées après une séparation brutale avec leur conjoint ou victimes d’autres aléas de la vie…

La plupart de ces personnes qui se présentent au CPAS ont, de fait, un logement, le plus souvent chez un proche, mais il s’agit là d’une situation provisoire, elles ne peuvent s’y domicilier. Cependant, leur situation devient à nouveau normale au bout de quelques temps.

Il existe des cas plus précaires : les véritables sans abri. Ils squattent des parkings ou des abris de jardin sur le territoire de Waterloo… Il s’agit le plus souvent d’individus souffrant d’addictions diverses (drogues, alcool…). Grâce à un long travail des assistantes sociales, le CPAS peut leur octroyer une adresse de référence.  Après accord sur un projet individuel d’intégration sociale (PIIS), ces personnes pourront bénéficier d’un régime d’insertion sociale (RIS) : accès aux frais médicaux et pharmaceutiques, éventuellement une gestion budgétaire et un logement. 

Quant à gérer le problème de fond c’est une autre histoire.

Beatrix Marchand-Alaerts, 
Conseillère CPAS

                                                                                                                               08.02.17

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